Les 5 Commandements du Parent-Coach

Ton enfant, tu le connais, il te suffit de le regarder pour deviner ce qui se passe dans sa petite tête. Tu lis à l’intérieur de lui comme dans un livre ouvert et, en tant que parent attentif et bienveillant, tu sais toujours ce qui est bon pour lui.

STOP ! 

Comme disait ma grand-mère, l’expérience est une lanterne qui n’éclaire que le chemin de celui qui la porte. Ton enfant n’est pas une mini version de toi, et même s’il apprend beaucoup en t’observant et en t ‘écoutant, il possède déjà sa propre vision de la vie et les ressources dont il dispose ne sont pas forcément les mêmes que les tiennes. Si tu lui amènes tes solutions et tes réponses sur un plateau, comment apprendra-t-il à aller les chercher lui-même ? Le précepte cher à Maria Montessori « aide-moi à faire tout seul » (et non pas « apprends-moi à faire tout seul ») s’applique dans tous les domaines de transmission, mais il prend encore plus de sens lorsqu’il s’agit du ressenti, des émotions. 

Pour aider ton enfant à trouver SA solution, tu dois lui montrer, par ton langage, par ton attitude, que tu ne sais rien à l’avance, que toutes les réponses vont venir de lui. 

Pour cela, je te donne 3 outils efficaces et hyper simples à utiliser :

  • La reformulation : Pas de jugement, pas de conseil, pas de référence à sa propre expérience. L’idée c’est que l’enfant entende ses mots dans ta bouche afin de se sentir entièrement compris. Résume ce qu’il vient de dire en utilisant son vocabulaire, reprends les mots clés pour clarifier son propos. Tu peux commencer ta phrase par « Si je t’ai bien compris… » ou « Ce que j’ai entendu, c’est que… »
  • La calibration : Il s’agit simplement de repérer les signes externes liés aux modifications de l’état interne. En effet, toute émotion entraîne des changements physiologiques plus ou moins visibles. Ton travail de coach va consister à être à l’affut de ces réactions pour déceler ce qui se passe à l’intérieur de ton enfant : postures, gestes, mimiques, rythme, volume et timbre de la voix, respiration, couleur de la peau, mouvements oculaires, toux, déglutition, hésitation…
  • La synchronisation : le but est de rejoindre ton enfant là où il est, dans sa propre carte du monde (sa représentation des choses, son point de vue à lui) afin qu’il se sente parfaitement accompagné. Pour ce faire, il suffit de lui renvoyer, avec discrétion et naturel, ses comportements inconscients : il balance ses bras, tu balances tes jambes, il se met à rire, tu ris avec lui, tu peux aussi calquer ta respiration sur la sienne, reprendre les gestes qu’il fait avec ses doigts, ses mains, sa tête…

« Dès que vous arrivez à rire de quelque chose, vous êtes déjà en mesure de le changer » (Richard Bandler, co-fondateur de la PNL)

Si tu ne devais garder qu’un seul outil de parent-coach et oublier tous les autres, ce serait sans aucun doute celui-ci. Le cerveau d’un enfant est en cours de formation, il n’est pas toujours capable de rationaliser et de raisonner. En revanche, peu importe ce qui se passe autour ou à l’intérieur de lui,  propose-lui de jouer ou raconte-lui une blague, et tu verras la magie opérer. En plus de renforcer les liens qui vous unissent et de créer de la complicité entre vous, il est prouvé que le rire diminue le stress et certaines peurs, augmente la créativité et booste l’estime de soi. En l’aidant à développer son sens de l’humour, tu donnes à ton enfant un atout qui l’accompagnera tout au long de sa vie. Ca vaut le coup d’essayer, non ? D’autant plus que, tu le sais aussi bien que moi, il n’attend que ça, ton petit, de rigoler ! Et il est plutôt bon public ! Alors lâche-toi, libère le clown qui dort à l’intérieur de toi (si si, je te promets qu’il est là). Personnellement, l’histoire du soir à la façon de…(mamie, Dominique Besnehard, Jane Birkin …entre autres !) marche plutôt bien. L’idée est de mettre un peu de fun dans tout ce qui se passe, dans tout ce que vit ton enfant. 

Les séances de coaching n’échappent pas à la règle. Même si on « travaille » sur un sujet sérieux ou que l’on cherche à résoudre un problème, ton enfant sera beaucoup plus à l’aise, détendu et partant si cela se fait dans la joie et la bonne humeur. Ne te prends pas au sérieux et amusez-vous ensemble. L’objectif est d’expérimenter et de grandir ensemble.


Tu as tout préparé pour une super séance de coaching, la maison est tranquille, tu as une bonne heure devant toi, tu as bien relu tes notes, tu connais parfaitement le déroulé et ton enfant est hyper motivé. Enfin, il l’était il y a dix minutes, parce que là, il est plutôt hyper motivé à finir la construction de son dernier Légo ou à regarder le nouvel épisode de son dessin animé préféré. Alors tu fais quoi ? Tu insistes ? Tu essaies de le convaincre ? Surtout pas ! Il essaie peut-être inconsciemment de te dire qu’il n’est pas prêt, que ça lui fait un peu peur, ou qu’il a finalement trouvé lui-même la solution à son problème. Alors puisque vous aviez prévu de passer un moment sympa ensemble, pourquoi ne pas lui demander s’il est d’accord pour partager avec toi sa construction ou son dessin animé ? 

De la même façon, si tu sens que ton enfant « décroche » en cours de séance, que son attention se porte sur autre chose, que tu sens qu’il aimerait être ailleurs, qu’il te dit ou montre qu’il a envie d’arrêter, n’insiste surtout pas pour terminer. Imagine un petit rituel rapide de fin de séance que vous ferez tous les deux (taper dans les mains, prononcer une phrase…) et voilà, finito !

Pour résumer, n’oublie pas que tu es un guide, pas un prof. Le guide de haute montagne, si, au dernier moment, tu lui annonces que tu ne veux plus monter, pour n’importe quelle raison, il ne te force pas, il n’essaie pas de te convaincre. A quoi bon et surtout, comment, aider quelqu’un à grimper s’il n’en a pas envie ? 

C’est ton enfant qui donne le rythme, le tempo. Tu n’es ni devant ni derrière, mais à côté de lui, tu ne le pousses pas, tu ne le tires pas, tu l’accompagnes. 


« Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends » Nelson Mandela

Tout ce que tu réussis aujourd’hui, tu l’as raté à un moment, n’est-ce pas ? 

Sais-tu qu’aux Etas Unis, les banquiers accordent plus volontiers un crédit aux entrepreneurs qui ont échoué, non pas une, mais deux fois dans de précédentes entreprises plutôt qu’à ceux qui n’ont encore rien raté ? Ca paraît tellement évident,  comment apprendre sans essayer, sans se tromper, comment savoir ce qui fonctionne si on n’a pas fait l’expérience de ce qui ne fonctionne pas ? Bref, l’erreur est un formidable outil d’apprentissage, de loin le meilleur. Alors pourquoi continuons-nous à la craindre, à la réprimander, à chercher à l’éviter à tout prix ? Dans la vie de tous les jours, comme dans tes séances de coaching, aide ton enfant à aimer ses erreurs, à chercher ce qu’elle lui enseigne et comment elle l’aide à grandir, à progresser. Il s’est trompé ? Ne lui dis pas « C’est pas grave », mais, félicite-le, vraiment, sincèrement : « Génial ! Qu’est-ce que tu as appris ? » Tu lui offriras le plus beau des cadeaux. En plus de ne pas se juger, de ne pas culpabiliser, tu lui donnes la liberté d’essayer, de tenter, de faire ses propres expériences sans être paralysé par la peur. Et lorsqu’on n’a plus peur d’échouer, tout devient plus léger, plus fluide. L’avenir, alors, ne s’imagine plus comme un défi ou un obstacle à surmonter mais comme une grande aventure à vivre pleinement. 


« Des mots venant du cœur, qui suffisent alors à donner la confiance pour la vie » Charles Pépin

Personne ne peut, seul, prendre confiance en soi. C’est dans le regard des autres et principalement de ses parents, que l’enfant trouve sa sécurité intérieure et construit sa confiance et son estime de soi. 

Alors, cher parent-coach, n’aie pas peur de faire de ton enfant un enfant-roi en le valorisant, en l’encourageant à s’affirmer, à faire ses propres choix et à croire en lui. Parce qu’en  fait, c’est tout le contraire qui se produira. Les enfants que l’on qualifie d’enfants-rois ou de petits tyrans ne sont pas des enfants trop écoutés, trop choyés, trop valorisés. Ce sont au contraire des enfants à qui l’on n’accorde pas l’attention et la confiance dont ils ont besoin et qui expriment d’une façon inadaptée leur frustration. Alors, on ne lésine pas sur les compliments,  les messages positifs, les retours d’expérience valorisants, les félicitations pour chaque effort et progrès réalisé. Et pour que sa confiance ne soit pas dépendante du regard et du jugement des autres, tu peux inviter chaque soir ton enfant à formuler lui-même ce dont il a été fier pendant sa journée, ce qu’il a bien réussi, et comment il s’est senti à l’intérieur. Rien de tel pour se connecter à ses émotions et développer confiance et estime de soi. 

Je t’encourage, toi aussi, à te livrer régulièrement à ce petit exercice, parce que finalement, on a tous besoin, tout au long de notre vie, de booster notre confiance en soi.

Pour conclure,

HUMILITE / HUMOUR / ERREUR / PATIENCE / CONFIANCE

constituent la base de ta boîte à outils de parent-coach. En les utilisant chaque jour et en les transmettant à ton enfant, tu mets de ton côté, et du sien, toutes les chances pour vous épanouir et grandir tous les deux. Ensemble


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